11 septembre 2026 · 8 min de lecture

IRCC utilise l'IA depuis 2013. La norme qu'il s'impose vaut aussi pour votre cabinet.

Plus de 7 millions de demandes évaluées par automatisation. Environ 4 millions de courriels triés chaque année. Et une norme publique : aucun système qui refuse, pas de boîte noire, toute production d'IA identifiée. Voici ce que dit IRCC, ce que dit la Cour fédérale, et les quatre questions à poser au logiciel qui tourne dans votre cabinet. Chaque chiffre renvoie à sa source.

Le ministère qui traite vos dossiers automatise depuis 2013.

2013

Création du Centre des solutions en analytique avancée au Secteur de la prestation de services d'IRCC.[1]

7 M+

Demandes évaluées par le processus automatisé mis en place à partir de 2017, selon les données internes du ministère.[1]

4 M

Courriels triés par année par le système d'IA du Centre de soutien à la clientèle et de plus de 50 bureaux à l'étranger.[1]

Ce n'est pas une rumeur d'avocats. C'est la Stratégie en matière d'intelligence artificielle publiée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada sur canada.ca.[1]En 2017, la haute direction a approuvé l'usage de modèles fondés sur l'IA pour générer des règles « si-alors » et absorber la hausse des demandes de résidence temporaire. En 2018, deux projets d'analytique avancée ont commencé à trier les demandes de visa de visiteur venant de Chine et d'Inde ; en janvier 2022, un modèle a été étendu à tous les autres pays.[2]

Le triage sépare les demandes simples, envoyées vers un traitement accéléré, des demandes complexes, envoyées vers un examen approfondi. Le système de triage des courriels, né en 2020 pour les demandes d'exemption aux restrictions de voyage, tourne aujourd'hui dans le Centre de soutien à la clientèle et dans plus de cinquante bureaux à l'étranger.[1]

Autrement dit : quand votre dossier arrive à IRCC, il y a de fortes chances qu'une machine l'ait déjà lu, classé et orienté avant qu'un agent ne l'ouvre.

Et IRCC s'impose une norme publique.

Le ministère est soumis à la Directive sur la prise de décisions automatisée du Conseil du Trésor, en vigueur depuis avril 2019, qui exige transparence, responsabilité, légalité et équité procédurale pour tout système qui prend ou appuie une décision administrative.[4] Il a aussi rédigé son propre guide interne, le Policy Playbook on Automated Support for Decision-making.[3] Trois règles en ressortent.

  • Aucun système autonome capable de refuser une demande. « Les outils ne refusent pas et ne recommandent pas de refuser de demandes. »[1]
  • Aucun modèle « boîte noire » pour décider, parce que le client a droit à une explication significative et à des motifs qui lui permettent de contester.[1][3]
  • Toute production générée par IA doit être identifiée comme provenant d'un système d'IA.[1]

Les cinq principes directeurs de la stratégie[1]

Centrée sur l'humain et responsable

Des personnes décident, et des personnes répondent des décisions, même quand l'IA a servi.

Transparente et explicable

Le client reçoit une information significative sur la façon dont le système a fonctionné, et des motifs qui lui permettent de contester.

Juste et équitable

Des garde-fous explicites contre les biais et la discrimination, avec la reconnaissance des limites des données.

Sécurisée et respectueuse de la vie privée

Protection des données à chaque étape du cycle de vie du système.

Valide et fiable

Des résultats cohérents, mesurés, et vérifiés avant et après la mise en service.

Poser le principe et le respecter sont deux choses différentes.

Pendant que le ministère automatise, la Cour fédérale déborde. Les demandes d'autorisation et de contrôle judiciaire en immigration ont plus que quadruplé depuis 2020.[5][6]

AnnéeDossiers d'immigration à la Cour fédéraleRepère
2020≈ 6 400dossiers d'immigration déposés à la Cour fédérale
2021≈ 9 700
2024> 24 000quatre fois la moyenne d'avant la pandémie
2025> 28 000
T1 2026> 6 600en trois mois seulement

Sources : La Presse Canadienne, 30 mai 2026[5] ; CBC News, 2025 (6 424 dossiers en 2020, plus de 24 000 en 2024, selon le bureau du juge en chef)[6].

En mai 2025, la Cour a reconnu une « hausse sans précédent » et a allongé de 45 jours le délai pour mettre en état une demande d'autorisation.[8]À l'été 2026, les affaires d'immigration représentaient 86 % des dossiers déposés à la Cour au premier semestre, avec un effectif de juges inchangé.[7]

Des avocats y voient l'effet de l'automatisation et de motifs de refus devenus génériques. Pour Jacqueline Bonisteel, avocate à Ottawa, les nouveaux outils font qu'« un agent humain ne passe plus autant de temps sur les dossiers », et elle décrit des « phrases toutes faites » sans « signe d'engagement avec la preuve ». Nalini Reddy, à Winnipeg, dit que les décisions viciées sont devenues « monnaie courante » alors qu'elles étaient « vraiment inhabituelles » auparavant.[5]

IRCC répond que « l'IA ne joue aucun rôle dans la prise de décision » et que « toutes les décisions de refus sont prises par des agents formés après un examen humain complet ». L'outil Chinook, souvent cité par les avocats, est décrit dans les documents gouvernementaux comme un tableur qui « simplifie la représentation visuelle » des renseignements du client, sans IA ni recommandation.[5]

Le débat est ouvert. Ce qui ne l'est pas : la norme existe, elle est publique, et elle donne aux avocats un vocabulaire précis pour contester une décision, et pour juger un outil.

Cette norme s'applique aussi au logiciel qui tourne dans votre cabinet.

Les règles qu'IRCC se donne ne sont pas réservées au gouvernement. Elles décrivent ce qu'on est en droit d'attendre de tout système qui touche un dossier d'immigration, y compris celui que vous payez chaque mois. Quatre questions suffisent. Nous y répondons pour Formio, sans enjoliver.

01

L'outil décide-t-il quelque chose, ou est-ce toujours moi ?

C'est la règle numéro un d'IRCC : aucun système ne refuse une demande. Pour un cabinet, la question est la même à l'envers. Un logiciel qui remplit un formulaire ne doit rien envoyer, rien signer, rien trancher à votre place.

FormioFormio ne soumet jamais un dossier. Il remplit les formulaires IMM et Arrima à partir des réponses du client, et chaque champ reste modifiable avant validation. La relecture et l'envoi sont à vous.

02

Puis-je expliquer à mon client ce qu'il a produit ?

IRCC refuse les modèles « boîte noire » parce que le client a droit à une explication. Si vous ne pouvez pas dire d'où vient une valeur dans un formulaire, vous ne pouvez pas la défendre devant le client ni devant un agent.

FormioChaque champ rempli automatiquement affiche sa source : la réponse du client ou le document d'où la donnée a été extraite. Un champ que Formio ne peut pas remplir reste vide plutôt que deviné.

03

Où sont hébergées ses données, et servent-elles à entraîner un modèle ?

Vous êtes tenu au secret professionnel et à la Loi 25. La réponse du fournisseur doit être précise, écrite, et distinguer l'hébergement des données du traitement par un modèle d'IA, qui n'est pas toujours au même endroit.

FormioLes données de production vivent au Canada, à Montréal. Les documents et les réponses sont analysés par un modèle d'intelligence artificielle de Google, via un relais que Formio héberge à Montréal ; l'inférence, elle, n'est pas nécessairement au Canada. Sur l'entraînement, nous n'affirmons rien tant que nous n'avons pas la confirmation écrite de Google. Le détail est sur notre page sécurité.

04

Puis-je récupérer mes dossiers si je pars ?

Un outil dont on ne peut pas sortir avec ses données devient une contrainte sur la conduite des dossiers. La question se pose avant de signer, pas au moment de partir.

FormioIl n'y a pas encore de bouton d'export en libre-service. La console permet de télécharger les documents d'un dossier en archive ZIP et les formulaires remplis un à un. Sur demande, nous fournissons l'export complet d'un dossier ou de tout votre espace, réponses comprises, dans un format lisible par une machine, et sans condition si vous décidez de partir.

Le détail technique, y compris ce que Formio ne fait pas encore, est sur la page sécurité. Formio ne certifie la conformité de personne.

Questions fréquentes.

Sources.

  1. [1]Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, « Stratégie en matière d'intelligence artificielle d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada », canada.ca, page mise à jour le 12 mars 2026. www.canada.ca
  2. [2]IRCC, « LANG – Advanced Data Analytics to Sort and Help Process Temporary Resident Visa Applications », note au comité parlementaire, 28 mars 2022. www.canada.ca
  3. [3]IRCC, « AI and Automation for Immigration Decisions », note pour la période des questions IRCC-2025-QP-00001, Gouvernement ouvert. search.open.canada.ca
  4. [4]Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, « Directive sur la prise de décisions automatisée », en vigueur depuis avril 2019. www.tbs-sct.canada.ca
  5. [5]La Presse Canadienne, « Immigration lawyers say automation is partly driving a massive Federal Court backlog », Global News, 30 mai 2026. globalnews.ca
  6. [6]CBC News, « 'Extraordinary' surge in immigration cases in Federal Court challenges access to justice, top judge says », 2025. www.cbc.ca
  7. [7]Radio-Canada, « Les affaires d'immigration pèsent lourd au calendrier de la Cour fédérale », 29 août 2026. ici.radio-canada.ca
  8. [8]Cour fédérale, « Lignes directrices consolidées pour les instances en matière d'immigration », version du 31 décembre 2025, qui reprend la directive du 14 mai 2025 sur la hausse sans précédent des demandes. www.fct-cf.ca

Chiffres et citations vérifiés le 11 septembre 2026. Les citations en anglais sont traduites par Formio.

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Formulaires IMM et Arrima pré-remplis, pour les cabinets d'immigration du Québec.

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