Poser le principe et le respecter sont deux choses différentes.
Pendant que le ministère automatise, la Cour fédérale déborde. Les demandes d'autorisation et de contrôle judiciaire en immigration ont plus que quadruplé depuis 2020.[5][6]
| Année | Dossiers d'immigration à la Cour fédérale | Repère |
|---|
| 2020 | ≈ 6 400 | dossiers d'immigration déposés à la Cour fédérale |
| 2021 | ≈ 9 700 | |
| 2024 | > 24 000 | quatre fois la moyenne d'avant la pandémie |
| 2025 | > 28 000 | |
| T1 2026 | > 6 600 | en trois mois seulement |
Sources : La Presse Canadienne, 30 mai 2026[5] ; CBC News, 2025 (6 424 dossiers en 2020, plus de 24 000 en 2024, selon le bureau du juge en chef)[6].
En mai 2025, la Cour a reconnu une « hausse sans précédent » et a allongé de 45 jours le délai pour mettre en état une demande d'autorisation.[8]À l'été 2026, les affaires d'immigration représentaient 86 % des dossiers déposés à la Cour au premier semestre, avec un effectif de juges inchangé.[7]
Des avocats y voient l'effet de l'automatisation et de motifs de refus devenus génériques. Pour Jacqueline Bonisteel, avocate à Ottawa, les nouveaux outils font qu'« un agent humain ne passe plus autant de temps sur les dossiers », et elle décrit des « phrases toutes faites » sans « signe d'engagement avec la preuve ». Nalini Reddy, à Winnipeg, dit que les décisions viciées sont devenues « monnaie courante » alors qu'elles étaient « vraiment inhabituelles » auparavant.[5]
IRCC répond que « l'IA ne joue aucun rôle dans la prise de décision » et que « toutes les décisions de refus sont prises par des agents formés après un examen humain complet ». L'outil Chinook, souvent cité par les avocats, est décrit dans les documents gouvernementaux comme un tableur qui « simplifie la représentation visuelle » des renseignements du client, sans IA ni recommandation.[5]
Le débat est ouvert. Ce qui ne l'est pas : la norme existe, elle est publique, et elle donne aux avocats un vocabulaire précis pour contester une décision, et pour juger un outil.